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Développement de vecteurs
lentiviraux pour la thérapie génique oculaire
(Corinne Kostic)
La plupart des dégénérescences rétiniennes sont une conséquence du
mauvais fonctionnement des photorécepteurs ou de l'épithélium pigmentaire ce qui
nous a amené à définir les outils appropriés pour cibler spécifiquement ces
types de cellulaires. Une base de l'approche par thérapie génique est de toucher
le tissu ou la cellule approprié(e) de manière spécifique
afin d'éviter des effets secondaires indésirables. Cette spécificité peut être
déterminée par un tropisme limité du vecteur, par une fonction spécifique
restreinte à un type cellulaire particulier ou par une expression spécifique
déterminée par le choix du promoteur. Nous avons choisi cette dernière
possibilité et examiné l'activité de différents promoteurs dans la rétine murine
après transfert de gène grâce à des vecteurs lentiviraux (Kostic et al., 2003).
Nous avons aussi montré que la diffusion limitée de ces vecteurs dans l'espace
sous-rétinien est due à une barrière physique entre les photorécepteurs et
l'épithélium pigmentaire qui peut être altérée par l'utilisation de certains
enzymes (Grüter et al., 2005). Nous poursuivons des études pour améliorer le
transfert de gène dans la rétine grâce aux vecteurs lentiviraux.
10.08.10
Essais pré-cliniques pour une thérapie
génique de modèles de souris pour l'amaurose congénitale de Leber (ACL)
(Corinne Kostic & Yvan Arsenijevic)
L’amaurose congénitale de Leber (ACL), la dystrophie rétinienne
héritée enfantine la plus précoce et la plus sévère, est la cause principale de
cécité chez les enfants. 10-15% des patients souffrant d’ACL porte une mutation
du gène RPE65 mutation (Gu et al., 1997; Marlhens et al., 1997). Nous
poursuivons une étude pré-clinique de transfert du gène sain RPE65 dans des
modèles d’ACL de souris grâce à des injections sous rétiniennes de vecteurs
lentiviraux. Nous voulons définir une fenêtre thérapeutique précise ainsi que
l'effet du transfert de gène RPE65 sur les cônes, la population de
photorécepteurs la plus rapidement touchée dans ce modèle. Nous avons démontré
de bonnes réponses rétiniennes par mesure d'ERG dans des souris RPE65 -/-
traitées précocement (à 5 jours de vie) avec un vecteur lentiviral transférant
le gène RPE65 (Bemelmans et al., 2006). Nous avons démontré que la fonction des
cônes est aussi améliorée. La sauvegarde de ces cellules a aussi été observée
par des analyses histologiques. Cependant ces mêmes cônes ne sont pas protégés
quand le traitement est appliqué aux jeunes adultes (à 1 mois) démontrant une
limite temporelle pour une sauvegarde efficace. La moitié des patients portant
une mutation RPE65 n'ont pas forcément un perte totale de la fonction de cette
protéine ce qui peut avoir une conséquence sur le développement de la pathologie
et donc sur la fenêtre thérapeutique. Nous voulons donc répéter cette approche
sur un modèle de souris portant une mutation faux-sens retrouvée chez certains
patients (R91W). Les mêmes types d'analyses cités ci-dessus pourront nous aider
à définir si, effectivement, il y a une modification de la période la plus
propice à un traitement efficace avec un vecteur lentiviral. Nous développons
aussi des tests comportementaux et des mesures du réflexe pupillaire afin
d'évaluer plus globalement l'effet de ce type de traitement.
Parallèlement, nous avons identifié 3 familles du nord de la Tunisie souffrant
d’ACL dont tous les patients affectés (n=12) sont homozygotes pour la mutation
R91W et touchés par une cécité totale à la fin de l’adolescence (El Matri et
al., 2006). Il est important de déterminer à quel âge les cônes et les bâtonnets
commencent à décliner puis disparaissent afin trouver une fenêtre thérapeutique
applicable. L'ampleur de la dégénérescence doit être clairement identifiée pour
déterminer le pourcentage de cellules qui peuvent encore être sauvées par une
thérapie génique potentielle.
29.10.09
Essais pré-cliniques de thérapie génique
dans des modèles murins de rétinites pigmentaires : approche globale par
protection des photorécepteurs
(Stéphanie Philippe)
Les rétinites pigmentaires sont des maladies d’origine génétique. Les gènes
impliqués peuvent être spécifiquement exprimés dans les différents types de
cellules qui constituent la rétine, y compris les photorécepteurs et
l’épithélium pigmentaire. A l’heure actuelle, une cinquantaine de gènes ont été
identifiés, les mutations de ces gènes sont responsables d’environ 60% des cas
de rétinites pigmentaires connus, il en reste donc un grand nombre à découvrir.
Il faut distinguer parmi ces mutations les mutations dites « récessives » et les
mutations dites « dominantes ». Dans le premier cas, la mutation induit une
perte de fonction de la protéine affectée. Il est donc possible de restaurer
cette fonction en apportant la forme correcte de la protéine par thérapie
génique, comme décrit ci-dessus avec la protéine RPE65. On parle alors de
stratégie de remplacement. Toutefois, appliquer cette stratégie dans le cas des
rétinites pigmentaires implique le développement de nombreux vecteurs,
permettant de cibler un type particulier de cellules dans la rétine et exprimant
un facteur particulier, facteur qui reste inconnu à ce jour pour 40% des
patients. D’autre part, dans le cas des patients porteurs d’une mutation
dominante, la mutation induit une nouvelle fonction qui peut être délétère et
conduire à la dégénérescence de la rétine. Dans ce cas, exprimer la forme
correcte de la protéine mutée ne permettra pas d’éliminer la nouvelle fonction
délétère. La stratégie de remplacement n’est donc pas envisageable. Afin de
pouvoir traiter plus efficacement un plus grand nombre de patients, nous nous
sommes donc orientés vers une stratégie différente, fondée sur la protection des
photorécepteurs. Indépendamment de la mutation responsable de la dégénérescence
de la rétine, il est en effet possible d’apporter aux photorécepteurs des
facteurs de croissance, qui vont les stimuler et les protéger. Nous allons donc
utiliser un vecteur lentiviral qui cible l’épithélium pigmentaire afin de
transférer ces facteurs de croissance. Les cellules de l’épithélium pourront
alors produire ces facteurs et les faire diffuser dans l’ensemble de la rétine
pour protéger les photorécepteurs. Cette stratégie est actuellement évaluée sur
différents modèles animaux de rétinites pigmentaires et de dégénérescence de la
rétine.
10.08.10
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